La numérisation des services publics s’intensifie : prises de rendez-vous en ligne, démarches via des plateformes, documents électroniques… Si ces évolutions facilitent certaines procédures, elles posent une question centrale pour Énéo : que devient l’accès aux droits lorsque le numérique devient incontournable ?
Sur le terrain, de nombreuses réalités apparaissent. Difficultés d’accès au matériel, manque de compétences numériques, isolement ou problèmes de santé peuvent transformer une démarche simple en véritable obstacle. Cette situation concerne particulièrement les aînés, mais aussi d’autres publics fragilisés. Le risque est clair : qu’un progrès technologique renforce les inégalités.
Dans ce contexte, Énéo se mobilise aux côtés d’un large réseau associatif pour défendre un accès humain aux services publics. Le débat est aujourd’hui porté au niveau politique, avec un avant-projet de loi fédéral visant à garantir des alternatives non numériques, sans surcoût. Une avancée importante, qui reconnaît la nécessité de ne laisser personne de côté.
Pour le mouvement, l’enjeu est de taille : faire reconnaître un véritable accès multicanal. Cela signifie:
maintenir des guichets physiques,
des lignes téléphoniques accessibles,
et la possibilité de recourir au courrier, en complément du numérique.
Le numérique doit rester un outil parmi d’autres, et non la seule porte d’entrée.
Cet engagement s’inscrit pleinement dans les valeurs d’Énéo : garantir l’autonomie, la participation citoyenne et l’égalité d’accès aux droits. Car un droit n’existe réellement que s’il est accessible. Défendre des services publics humains, c’est faire le choix d’une société inclusive, attentive aux réalités de chacune et chacun.
C’est pourquoi plusieurs mobilisations citoyennes ont lieu le jeudi 4 juin :
1️⃣ À Namur, nous serons présents pour interpeller les passants et sensibiliser à un enjeu essentiel : garantir un accès aux services publics par plusieurs canaux, accessibles à toutes et tous.
2️⃣ À Bruxelles, Énéo Bruxelles se mobilisera aux côtés d'autres associations.
Le 11 mai, la Cellule Santé d’Énéo Hainaut Picardie a proposé une conférence autour d’un enjeu concret : mieux comprendre et gérer ses traitements au quotidien. Un choix fort a marqué cette initiative : croiser les regards d’un gériatre (Dr Debugne, CH de Mouscron) et d’une pharmacienne (Marie-Laure Verschuere, Herseaux).
Cette complémentarité a permis d’aborder la question des médicaments de manière accessible et globale : effets liés à l’âge, risques de polymédication, automédication, mais aussi coordination entre professionnels et usage des outils numériques. Les participantes et participants ont particulièrement apprécié les explications concrètes, ancrées dans des situations de vie, ainsi que les repères pratiques pour dialoguer avec leur médecin ou pharmacien.
Parmi les éléments inspirants :
• associer deux expertises complémentaires pour décloisonner les approches ;
• relier les informations médicales à des conseils directement utiles (piluliers, pharmacie de référence, dossier médical global) ;
• ouvrir un espace de questions-réponses permettant d’exprimer les préoccupations réelles du public.
Cette démarche renforce l’autonomie des aînés et leur capacité à être acteurs de leur santé.
Inviter des professionnels de terrain, proches des réalités locales, apparaît ainsi comme une piste concrète pour d’autres régionales souhaitant aborder des thématiques de santé de manière accessible et utile.
Cette thématique vous inspire ? ► Contactez la Régionale de Hainaut Picardie pour en savoir plus.
Les Balises d’avril 2026 d’Énéo apporte des clés concrètes pour aborder un sujet de plus en plus présent dans les échanges locaux : le travail après la pension. Cette réalité, de moins en moins marginale, recouvre des situations très diverses : poursuite d’activité, cumul pension-travail, flexi-jobs ou engagement volontaire.
Pour les volontaires, cette étude constitue un véritable outil d’animation. Elle permet d’ouvrir un débat nuancé : travailler après 65 ans relève-t-il d’un choix ou d’une contrainte ? Les motivations sont multiples : plaisir de rester actif, besoin financier, maintien du lien social… mais elles sont aussi marquées par des inégalités de parcours, de santé et de ressources.
Plusieurs pistes concrètes peuvent en être tirées pour le terrain :
• s’appuyer sur les questions proposées pour lancer des échanges en groupe ;
• croiser les expériences vécues des participant·es avec les données de l’étude ;
• élargir le débat au-delà du travail : volontariat, engagement citoyen, réalisation personnelle ;
• veiller à valoriser la diversité des parcours, sans imposer un modèle unique du “bien vieillir”.
Point d’attention : le concept de « vieillissement actif » peut être perçu comme une injonction à rester productif. L’animation doit permettre de prendre du recul critique et de réaffirmer que chaque personne doit pouvoir choisir son rythme et sa manière de participer à la société.
Le jeu « Enjeux santé : les déterminants sous la loupe » créé par l'asbl Culture et Santé constitue un outil particulièrement riche pour aborder la santé de manière globale et participative. Testé par la Cellule Santé d’Énéo Hainaut Picardie, il a montré tout son potentiel pour susciter échanges et prises de conscience au sein des groupes.
Concrètement, l’outil se compose de cartes illustrées permettant d’explorer les multiples facteurs qui influencent la santé : conditions de vie, environnement, relations sociales, accès aux soins, etc. L’intérêt réside dans son approche interactive : les participants manipulent les cartes, établissent des liens entre les éléments et réfléchissent ensemble à leurs impacts.
Plusieurs façons d’animer le jeu sont possibles, ce qui le rend facilement adaptable :
travail en petits groupes pour favoriser la parole de chacun ;
classement ou mise en lien des cartes selon les priorités identifiées ;
réflexion collective sur les actions possibles, à l’échelle individuelle ou locale.
Clés de réussite observées :
partir du vécu des participants pour rendre la discussion concrète ;
laisser une grande liberté dans la manière de jouer ;
privilégier l’échange plutôt qu’une “bonne réponse”.
Points d’attention :
veiller à ne pas individualiser les responsabilités en matière de santé ;
garder une approche accessible pour éviter un discours trop théorique ;
accompagner les échanges pour faire émerger des pistes d’action réalistes.
À partir du 02/06 à Bruxelles : Animation "Carnet de vie"
05/06 à Verviers : Animation "Comprendre et organiser son patrimoine"
08/06 à Philipeville : Conférence "Aidants proches: éclairer les réalités, porter la voix du terrain"
10/06 à Bruxelles : Petit-déjeuner thématique "La réforme de la pension"
11/06 à Anderlues : Animation "Les droits du patient"
16/06 à Bruxelles : Une expo immersive autour des réalités de la migration
23/06 à Liège : Conférence "Habitage"
23/06 à Nivelles : Animation "Dossier santé numérique : usages, droits et enjeux citoyens"
27/06 à Verviers : Atelier "Mon carnet de vie"
30/06 à Namur : Animation "La Centrale Locale de Mobilité"